Noëlla Rouget

Qu'aurions-nous fait à sa place ?

Ce projet est né d’un coup de cœur. Un coup de cœur pour une femme dont le courage et la grandeur d’âme nous ont happés, comme l’Histoire empoigne l’humanité.

Noëlla Rouget est une résistante méconnue, et pourtant unique en son genre. Elle a tout juste 20 ans lorsqu’elle voit Angers sombrer dans la guerre et se soumettre à l’occupation allemande. Elle qui était dotée d’une nature douce et tranquille, développe alors un puissant instinct de rébellion. Elle entre en résistance, tombe amoureuse d’un compatriote, lutte, prend des risques… avant de terminer en prison, de voir son fiancé fusillé et d’être déportée.

Durant plus d’un an, elle subit l’enfer concentrationnaire, se lie à Geneviève de Gaulle, la nièce du Général, prisonnière à ses côtés, et continue de se battre. Elle résiste à la mort, au désespoir, à la monstruosité, et finit par être libérée alors qu’elle ne pèse plus que 32 kilos et que ses dernières forces la quittent.
Pourtant, malgré tout ce qu’elle a subi, Noëlla se refuse à ressembler aux criminels qui l’ont broyée. Lorsque Jacques Vasseur, l’Angevin qui l’a envoyée dans les camps et fait tuer son fiancé, est condamné à mort, elle écrit au Général de Gaulle et lui demande de s’élever au-dessus des nazis. Elle parvient à faire commuer sa peine en prison à perpétuité.

Ce parcours, qui s’étire sur plusieurs décennies, empreint d’un courage extraordinaire tant survivaliste que spirituel, nous a profondément émus. Il nous est rapidement apparu évident qu’il méritait d’être mis en vie, afin de ranimer et transmettre le message hautement humaniste de Noëlla, que les épreuves n’ont pas rendue amère, mais qui l’ont au contraire dotée d’une profonde sagesse. Une sagesse dont notre propre espace-temps a grandement besoin…

Mais nous, qu'aurions-nous fait à sa place ? 

Nous avons confié l’écriture de la pièce à Stéphanie Aten, auteure angevine que nous connaissions très bien (découvrez-la ici), qui s’est appuyée sur la biographie rédigée par deux historiens, Brigitte et Éric Monnier, pour plonger dans les coulisses du conflit et de la vie de Noëlla Rouget. Les contraintes rédactionnelles étaient serrées : seulement deux comédiennes sur scène, des décors minimalistes pour pouvoir multiplier facilement les univers, et une exigence de fidélité historique, tant concernant les évènements que la personnalité de Noëlla.

Stéphanie a consacré l’été 2023 à cette rédaction, et la première version du texte nous est parvenue en septembre avec la sensation euphorique que l’aventure commençait pour de bon. Le projet devenait concret, réalisable, et répondait à l’envergure que nous lui destinions. Une phase déterminante s’est alors ouverte : soumettre la pièce à la lecture avisée des deux biographes de Noëlla, et à celle de ses deux fils, afin d’obtenir leur bénédiction. Leur réaction a été unanime : l’émotion était grande, et l’enthousiasme puissant.

Le coup d’envoi était donné.

Stéphanie ATEN

Quelle gageure que ce projet lorsque la Compagnie L’Intemporelle me l’a confié. Pas seulement parce que les contraintes d’écriture étaient serrées (seulement deux comédiennes, des décors minimalistes, 50 ans de vie à retracer dans des univers très variés), mais parce que nous souhaitions rester le plus fidèles possible à la personnalité de Noëlla, à son parcours et à son idéologie, ainsi qu’aux faits historiques. Je me suis essentiellement appuyée sur la biographie de Brigitte et Eric Monnier pour rassembler les informations à même de fonder ma narration, avant de réfléchir à une construction.

Je tenais à éviter le piège de la linéarité, du déroulement chronologique de la vie de Noëlla, pour privilégier un ”fil rouge qui nous permette de traverser les époques en effectuant des allers-retours.» J’ai donc choisi l’après-guerre et l’avant-procès de Vasseur pour ancrer le point de bascule de Noëlla et le pivot récurrent de la narration.

Les va-et-vient temporels nous permettent de mieux comprendre les étapes de destruction et reconstruction de Noëlla, d’apprécier son évolution, de comprendre son cheminement. Les deux comédiennes interprètent Noëlla à des moments de vie distincts, le passé interrogeant l’avenir, le futur répondant au passé, dans un jeu quelque peu métaphysique qui questionne notre propre appréhension de l’espace et du temps. L’une a 40 ans et subit les évènements, l’autre en a 70 et a acquis un recul et une sagesse qui attirent la plus jeune vers le haut et l’aident à avancer.

Parallèlement, il me fallait ramener à la vie l’univers carcéral, concentrationnaire, judiciaire, sans comédiens supplémentaires et avec un décor minimaliste susceptible de changer d’apparence en quelques gestes. J’ai donc opté pour une bande-son riche, qui plonge le spectateur dans une caisse de résonance et nous propulse d’époques en environnements, tout en démultipliant la présence invisible d’influences multiples.

Le phrasé se veut fluide, mais aussi travaillé, pour rendre hommage à la puissance d’évolution d’une femme d’exception, que la souffrance ne sera jamais parvenue à abîmer.

Alors que nous flânions dans une librairie d’Angers, en quête d’inspiration, d’évasion, de sujets de réflexion, la tranche d’un livre a mystérieusement attiré notre regard au détour d’un rayon : « Noëlla Rouget, la résistante qui a fait gracier son bourreau ». Interloqués par la démarche de cette illustre inconnue, nous nous sommes plongés dans sa biographie... sans nous douter du choc que cela constituerait.

À l’approche de la commémoration des 80 ans de la fin d’une guerre qui marquera à jamais l’Histoire de l’humanité, alors que notre propre actualité sombre à nouveau dans un espace-temps des plus obscurs, voilà que ce petit bout de femme, devenue résistante à l’âge de 20 ans, revient d’entre les défunts pour nous donner une leçon d’humanisme des plus opportunes et exemplaires.

Bouleversés par son parcours et son courage, nous avons décidé de lui dédier ces quelques pages... et une adaptation théâtrale servant un double objectif : le devoir de mémoire et la résurrection d’un appel urgent à l’élévation.

Entrez avec nous dans les coulisses d’un spectacle qui transcende le temps.

Nous en sommes à présent à l’étape la plus délicate : le financement.
Pour créer la pièce, nous avons besoin de répétitions. Pour répéter, nous devons payer un metteur en scène, un régisseur lumière, un régisseur son, et deux comédiennes, durant au moins trois semaines. Nous allons bien évidemment tenter d’obtenir des subventions, mais les compagnies et projets retenus étant très rares, nous nous adressons également à vous, le public, les spectateurs. Vous avez un pouvoir : soutenir les projets que vous avez envie de voir.

Si le nôtre vous séduit et que le message véhiculé par Noëlla vous parle, vous pouvez lui apporter votre contribution en remplissant le formulaire ci-dessous. Il constitue notre porte d’entrée vers la création. Nous devons trouver 6000 euros pour le mois de mars 2024, période à partir de laquelle débuteront les répétitions.

Nous avons besoin de votre soutien pour exister et ranimer le message de Noëlla.

C’est malheureusement une réalité : les artistes, la culture et la créativité ne sont plus prioritaires et peinent à trouver des soutiens étatiques. Il ne nous reste plus que vous pour continuer à exister, et donner vie à ce projet, dont le propos et l’ambition dépassent largement le simple divertissement.

Merci de tout cœur.

Un don de 100 € ne coûte réellement que 34 €. La compagnie L'Intemporelle étant une association d'intérêt général, vous bénéficiez d'un abattement de 66% en tant que particulier (60% pour les entreprises mécènes).

Dons pour la création du spectacle Noëlla Rouget 

Ou en flashant ce QR code :

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Dernières nouvelles

Rencontre avec la scénographe

Le 18 janvier, rencontre de travail avec Ophélie, notre scénographe. De G à D : Magali, scripte - Ophélie, Stéphanie, autrice - Anne-Laure, comédienne - Philippe, metteur en scène - Marie-Christine, comédienne. Img 5473

Première lecture

Le 16 janvier 2024 : Première réunion de lecture avec le metteur en scène, l'auteur du texte, les comédiennes. Img 5465

Rond-point Noëlla Rouget à Saumur

Le Courrier de l'Ouest. Publié le 02/01/2024. Le conseil municipal de Saumur a voté dernièrement en faveur de nouvelles dénominations de voies. ... Dans cette même délibération, les élus de Saumur ont acté le fait de rebaptiser le rond-point de la Résistance, au bout du pont des Cadets, du nom de Noëlla Rouget. Sortie de l’oubli par les élèves du lycée Sadi-Carnot Jean-Bertin dans le cadre d’un travail sur le devoir de mémoire, cette native de Saumur (en 1919) avait été résistante de 1941 à 1945 et déportée à Ravensbrück. Après la guerre, cette grande âme avait fait gracier son tortionnaire. Elle est décédée à Genève (Suisse) en novembre 2020 à l’âge de 100 ans. L'inauguration aura lieu le samedi 20 avril 2024 à 11h. Capture d e cran 2024 01 13 a 16 26 03

Rencontre à Genève avec les auteurs.

Le 3 octobre 2023, nous rencontrions à Genève, Brigitte Exchaquet-Monnier & Éric Monnier, les auteurs du livre ainsi que les deux fils de Noëlla Rouget. Des précisions furent apportées au texte pour répondre aux quelques remarques concernant leur mère. Puis, Brigitte et Éric nous emmenèrent au pied du Monument aux Morts élevé devant le consulat de France à Genève à la mémoire des Français de Genève et des volontaires Suisses morts pour la France pendant les guerres de 1914-1918 et 1939-1945 (voir photos ci-dessous). Au pied de ce monument récemment restauré, fut posée une stèle commémorative dédiée à Noëlla Rouget.